Denys Chalumeau (Seloger.com), du minitel à l’écologie, rencontre avec un entrepreneur du 3ème type.

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Seloger, Promovacances et Billetreduc, évidemment, comme tout le monde, je connaissais. Oui, mais voilà, je ne savais pas que tous venaient du même berceau. Et que leur réussite tenait à un même homme : Denys Chalumeau. À l’heure où l’on nous répète, qu’en tant que start-uper, qu’il faut rester focus et concentré sur un business, je suis stupéfaite que ces trois success-stories aient été créées et développées simultanément, par la même équipe. #cetaitmieuxavant ?

S’il est l’un des entrepreneurs numériques Français les plus successfull, Denys Chalumeau est toujours resté discret. Après un parcours de 25 ans, où il a côtoyé les sommets et les abîmes de l’entrepreneuriat, Denys a revendu en 2010 Seloger à Axel Springer. 8% de 633 millions… Denys est devenu très riche. Oui, mais voilà, l’argent ne fait pas le bonheur. Cette soudaine page blanche l’a plongé dans une grande remise en question et une petite dépression. Une « page blanche » comblée de nouvelles créations et d’investissements dans des business aussi variés que les spas ou les startups, Denys a maintenant trouvé sa nouvelle vocation. Ce sera l’écologie et la sensibilisation au réchauffement climatique. Ça vous étonne ? Nous aussi, alors on a décidé de le rencontrer pour savoir ce qui se cachait derrière cette soudaine ( ?) prise de conscience sociale et écologique.
Rencontre avec un entrepreneur du troisième type.

Vin, Pizzas et entrepreneuriat

Êtes-vous capable de remonter les vraies innovations sociales et green ? Pas de ceux qui disent vouloir changer le monde, ceux qui le font vraiment.

Denys est un gars simple. Lorsqu’on le contacte suite à son portrait paru dans l’Opinion, il nous dit tout de suite oui pour une interview et nous donne l’adresse de sa maison à Aix. Bien loin des clichés des mecs qui sont « arrivés », il nous accueille très chaleureusement, nous présente sa femme et nous amène manger « la meilleure pizza d’Aix ». La manière dont il nous accueille, on sait tout de suite que l’on va passer une bonne après-midi.
Après avoir demandé à la serveuse « Vous n’avez toujours pas de vin bio ? », Denys s’enquiert de nous connaitre et nous voilà inondés de questions et de remarques bienveillantes. Si l’objet de notre venue est clairement de l’interviewer, Denys est quelqu’un qui s’intéresse aux autres, et pas par souci de politesse…

Lorsqu’il nous demande « Êtes-vous capable de remonter les vraies innovations sociales et green ? Pas de ceux qui disent vouloir changer le monde, ceux qui le font vraiment » nous rentrons directement dans le vif du sujet. Denys ne veut plus être de ceux qui investissent frénétiquement dans des start-ups ou des business uniquement par opportunité financière…

Je vous parle d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre

Nous retournons chez Denys et nous nous installons autour de la table de sa cuisine. À la première question sur son parcours, nous réalisons que nous allons faire un saut dans le passé… à l’époque du minitel. Nous ne sommes pas si jeunes, et le minitel, on connait. Si on connait tous des entrepreneurs français qui ont réussi avec le minitel, les business modèles associés à cette technologie sont bien moins clairs.minitel

À la sortie de ses études en informatique, Denys travaille pour Téléstore, une société qui édite des sites Minitel comme Ebazar (ensuite revendu à Ebay) et des services de messagerie rose. Au-delà de business propre, Denys développe la branche « prestation » et vend des sites Minitel à des entrepreneurs désireux de se lancer sur ce support. « La branche service se développait bien, et j’ai demandé à Pierre-François Grimaldi de m’associer à la société. Il a refusé, j’ai alors été touché dans mon amour propre, et j’ai créé en 1992 ma propre société de télématique. Avec 50 000 Francs en poche, dans le garage à vélo de mes parents ».

En parallèle des sites Minitel qu’il développe pour ses clients, il lance alors pour son propre compte 3615 Promovacances et 3615 Billetreducs. En cours de route, il est rejoint dans son aventure par deux amis de longue date, Vincent Rousset et Amal Amar. En 1995, il apprend que 3615 Seloger, qu’il a développé pour un de ses clients, est en difficulté financière et décide de racheter la société « Nous avions alors gagné 2 Millions de Francs sur nos activités. Nous n’étions pas des flambeurs, on réinvestissait tout dans la société ».

Ce sont mes développeurs qui ont été les premiers à vouloir jouer avec Internet. Dès que j’y ai regardé de plus près, c’était pour moi une évidence : le minitel était mort.

Le modèle du Minitel est seulement payant pour les clients. « Nous envoyions des centaines de leads qualifiés quotidiennement aux agences immobilières et aux agences de voyages, qui ne payaient pas un centime pour cela. En revanche pour les utilisateurs, le Minitel coûtait cher… Mais près de 80% du trafic était alors réalisé aux heures de travail… » s’amuse-t-il.  En 1996, alors que sa société de télématique gère près de 200 services de minitel, il découvre internet. « Lorsque mes développeurs m’ont demandé s’ils pouvaient jouer avec cette technologie, je l’ai regardé de plus près. Pour moi cela a été une évidence : le minitel était mort.

Promovacances.com et Seloger.com ont rapidement été en ligne. Les débuts d’internet étaient assez archaïques : les clients nous envoyaient par courrier les photos des appartements qu’ils voulaient mettre en avant, les scanners n’étaient pas courants. Mais ce qui a fait la différence pour Seloger.com, c’était l’alerte immo qui était vraiment inédite à l’époque ». Pour développer le trafic de ses sites, ils achètent des placements médias et payent pour être en haut des listes de France télécom. « France télécom avait le modèle de Google Adwords avant même que Google existe finalement ».

Suite de son parcours en page 2 !

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Cofondatrice de 1001startups j'essaye d'apporter ma pierre à l'édifice #startup. Un peu féministe, beaucoup hyperactive je suis perpétuellement dans l'attente de mon prochain grand voyage. En moto c'est encore mieux, ou en courant peut-être.