Dis, c’est quoi une start-up… ?

stratup

Le terme startup a commencé à être utilisé juste après la Seconde Guerre mondiale, c’est avec l’apparition des premières sociétés de capital-risque que le terme a commencé à être utilisé massivement. De nos jours, il est dans le dictionnaire et voici le résultat : « Jeune entreprise innovante, dans le secteur des nouvelles technologies » (Larousse)

Bon déjà, attaquons par l’orthographe. Startup, start-up, et au pluriel ? Et startuper, start-upper ? Il y a un vide juridique. Donc chacun fait, fait, fait c’qu’il lui plait plait plait… comme dit la musique.

Allons pour startup.

En revanche, nous mettons notre veto sur l’utilisation du terme « jeune pousse ». Vous n’imaginez même pas le nombre de personnes qui nous écrivent pour nous demander « de parler français » et d’utiliser donc cette dénomination. Bien que « jeune pousse » ne soit pas très sexy, ce n’est pas la raison première.

C’est quoi une startup ?

Dans « start-up » il y a l’idée de démarrage « start » et l’idée de croissance forte « up ». Deux idées qui sont l’essence même de la startup. Donc, pourquoi essayer de traduire un mot que nous n’avons pas inventé quand il se suffit à lui même. Les Américains ont bien conservé le mot « entrepreneur ».

Une startup est une entreprise, mais elle est plus qu’une simple entité. Une startup c’est un état d’esprit, une vision, portée par son fondateur et qui agit sur un marché en création ou instable. De ce fait, elle ne dispose pas d’un business model fixe et explore les possibilités.

Twitter est une licorne, est en bourse, n’est plus vraiment jeune. Et pourtant, c’est encore une startup, car sa stratégie et son modèle économique sont encore en expérimentation… Pour autant la croissance est énorme et le nombre d’utilisateurs aussi.

Pour Eric Ries, auteur du best-seller « The Lean Startup », une startup c’est « une institution humaine conçue pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitude extrême ».

D’après Patrick Fridenson, historien des entreprises, être une startup n’est pas une question d’âge, ni de taille, ni de secteur d’activité. Il faut répondre aux quatre conditions suivantes :

1) Une forte croissance potentielle
2) Utiliser une technologie nouvelle
3) Avoir besoin d’un financement massif, les fameuses levées de fonds
4) Être sur un marché nouveau dont le risque est difficile à évaluer.

Les startups doivent aussi travailler à augmenter sa scalabilité, c’est-à-dire sa capacité à maintenir une forte rentabilité malgré la montée en charge. Mais, elle doit aussi créer une très forte traction, c’est-à-dire sa capacité à attirer beaucoup d’utilisateurs et à faire parler d’elle.

Quand la startup devient-elle une entreprise ?

Être une startup, c’est un état temporaire. Soit parce que le business model n’arrive pas et de ce fait la startup échoue et disparait. Soit parce qu’elle réussit et se fait absorber, ou devient une entreprise plus classique dans l’approche.

C’est au moment de « upper » que se décide l’avenir de la startup comme on peut le voir sur le schéma ci-dessous :

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En bleu la courbe d’une startup / en rouge, une entrerpise « classique »

Peut-on être « gros » et être une startup ?

Uber, Airbnb, Blablacar, Spotify… sont encore des startups et pourtant ces entreprises sont énormes. Mais comme Twitter, leur modèle n’est pas défini et peut évoluer. À l’inverse, Facebook ne l’est plus, Google non plus. Même si l’esprit startup perdure, certains processus ont été formalisés et la stratégie, comme business model, sont désormais établies.

Pour autant, de plus en plus de groupes s’intéressent aux startups. De par leur mode de fonctionnement et de par leur potentiel d’innovation. Les techniques de management stimulent l’innovation, renforce l’esprit d’équipe et rend plus réactif. Les 20% du temps de travail consacré à un projet personnel de chez Google reste encore aujourd’hui la preuve que l’on peut grossir tout en essayant de « disrupter » les habitudes.

Créer sa start-up, c’est aller au-delà des chiffres données par une étude de marché ou un plan de financement, c’est dépasser les analyses d’un sondage ; créer sa start-up c’est d’abord y croire.  C’est faire un pari sur l’avenir. C’est croire que la société dans laquelle nous vivons est ouverte à la nouveauté, c’est dépasser le contexte de crise pour transformer des problématiques en opportunité.

C’est mettre en avant les rêves et mettre en commun les idées. C’est idéaliser un monde où la créativité est récompensée, ou le travail est revalorisé, ou l’argent est décomplexé, c’est faire des erreurs et se remettre en question, c’est regarder tout près, mais voir beaucoup de choses.

Une start-up, c’est d’abord l’histoire d’une équipe animée par un même projet, porté par des mêmes valeurs, par des mêmes passions.

Steve Jobs disait « l’innovation, c’est une situation que l’on choisit parce qu’on a une passion brûlante pour quelque chose ». Une start-up, c’est cette situation.

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Cofondatrice de 1001startups j'essaye d'apporter ma pierre à l'édifice #startup. Un peu féministe, beaucoup hyperactive je suis perpétuellement dans l'attente de mon prochain grand voyage. En moto c'est encore mieux, ou en courant peut-être.