Inside YCombinator : Moneytis, prochaine startup française à intégrer l’accélérateur !

moneytis y combinator

Le Y Combinator (YC) est l’accélérateur de startup le plus renommé au monde. Dropbox, Airbnb, Stripe, Mixpanel… ces sucess story font parties des 1000 startups qui ont été accompagnées par le YC depuis sa création en 2005. Si intégrer le YC est un rêve pour la plupart des startups, sa sélection est drastique et laisse que peu de chances. La théorie de Darwin à son paroxysme. Pour chaque nouvelle session de recrutement (deux par an), 120 startups sont sélectionnées pour trois mois de programme. Ainsi pour chaque nouvelle session, de nombreuses startups françaises tentent leur chance en vue de décrocher leur sésame pour rejoindre la Mecque des startups. Seulement une dizaine de startups françaises ont été accompagnées par le YC jusqu’ici : Algolia, Afrostream, Front, Trackin, Birdly, Motion Lead, Checkr, Hellobill, Bulldozair.

Les oraux de recrutement pour la nouvelle promotion se déroulaient cette semaine. Et on a une bonne nouvelle. Une nouvelle startup française vient de décrocher son ticket. Moneytis, le Booking des transactions d’argent, s’envolera avec son équipe à San Francisco dès le mois de janvier. Vous ne connaissez pas encore Moneytis ? On vous invite à découvrir de toute urgence leur startup et leur incroyable culture d’entreprise.

À l’occasion de cette grande nouvelle, Christophe Lassuyt, le cofondateur de Moneytis nous raconte ces quelques jours passés à San Francisco.

Comment vous y êtes-vous pris pour que la candidature de Moneytis sorte du lot ?

Pour ce batch, 6 000 startups ont postulé pour une centaine de reçus au final. Moneytis a préparé le dossier avec l’équipe, dont Steve Barraud et Julien Devoir, l’a fait relire à des alumnis du YC, des advisors comme Coley Brown, des investisseurs comme Cèdre Participations, mais surtout le Lisbon Challenge de Beta-i et les membres du réseau Mangrove dont Étienne, Julien et moi même sommes membres. Notre dossier était solide sur le fond comme sur la forme. En quelques mots: clairs, concis, avec preuves à l’appui, direct, synthétique.

« Ce n’est plus convenable d’attendre 2 mois pour une réponse de la BPI lorsqu’il faut 20 minutes pour une réponse de la part d’un organisme américain »

Raconte-moi les oraux: Comment on se sent? Comment ça se passe? Quel type de questions?

On a d’abord eu un premier vidéo call il y a 3 semaines, la question principale était “qu’est-ce qui peut faire de vous une licorne?”, puis on a reçu une invitation AR à San Francisco tous frais payés, pour Étienne Tatur et moi-même: le samedi on décolle… 35 heures de vol AR pour 10 minutes d’interview… en espérant les rentabiliser

Le lundi : interview avec Sam Altman, Aaron Harris, Kirsty Nathoo et Fred Benenson

Première question : « What do you do ? » Nous : “On crée une solution simple et efficace d’envoyer de l’argent pour 250 millions de personnes vivant à l’étranger.

Et là on discute avec Sam Altman de la même façon qu’on discutait avec notre chauffeur de Uber. En fait il est sympa, et sa taille ne reflète pas son intelligence. Puis arrivent des questions sur la concurrence, notre rétention, la traction, la régulation, et surtout l’équipe. Pas de stress, on répond aux questions spontanément, en quelques mots, sans détour. Les rôles de Julien Devoir (acquisition B2C), mais aussi de Laura Girod (data scientist) et Vincent Rolland (backend dev magician) ont été primordiaux. Notre équipe est complète et unie, ils l’ont senti.

moneytis YC

Ça s’est plutôt bien passé, c’était court cependant. Trop court puisque nous étions en train de débriefer avec une autre startup quand ils nous ont demandé de revenir quelques heures plus tard pour une seconde interview…

6 heures plus tard: 2nd interview avec Lyle, Michael Seibel et Adora Cheung.

Michael Seibel a fait le good cop, Adora la bad cop. Un « fist Bumps » avec Michel et Lyle, ça met dans l’ambiance. Pas de stress pour nous, on est fier d‘aider les personnes comme nous, expatriés ou internationaux, on est juste là pour l’expliquer. Adora et Lyle sont déjà des utilisateurs, génial.

On a surtout parlé de produit cette fois, de blockchain et de technologies. De Use Cases aussi.

Ils avaient déjà des idées de conseils à donner, se sont montrés très enthousiastes. Nous étions très à l’aise et surpris par leur rapidité de compréhension.

1 heure plus tard, on recevait un premier appel…fausse joie…c’était la proprio de mon Airbnb….puis quelques minutes s’écoulent et Adora m’appelle pour m’annoncer la bonne nouvelle ! C’est ouf. Du coup on boit une bière, on fait les feedbacks à la team restée à Lisbonne pour le WebSummit et on fait un feedback à 1001startups !

Quelles sont vos premières impressions sur le YC et San Francisco?

Le YC semble peuplé de personnes très smart, ils semblent aussi avoir un très gros réseau. On est rassuré de leur position pro-Clinton même si ça n’a pas suffi… Bref, tant mieux pour nous on aidera tous ces gens qui vont quitter les États Unis à transférer leurs économies de la meilleure des façons.

moneytis startup

San Francisco est une ville en pleine effervescence, qui bouillonne d’innovations et de geeks qui développent les technologies de demain. Mountain View c’est étrange de par son modernisme. Sans parler des voitures automatiques Google et autre, sans chauffeur, qui passent les unes après les autres. Chaque personne qu’on rencontre est potentiellement un investisseur ou un CEO de startup…

Quelles sont les prochaines étapes maintenant?

Début janvier, nous rejoignons le prochain batch, l’idée sera alors de continuer à être très efficaces et les solliciter pour être mis en relation avec des contacts qui peuvent nous booster x100 ou x1000 !

Quelles sont les conditions/ contraintes imposées par le YC?

Nous avions effectué beaucoup d’efforts avec la BPI pour obtenir des investissements, sans succès jusque maintenant. En 2*10minutes on a obtenu $120k avec le Y Combinator qui a une simple requête : qu’on ait une structure aux US. On aurait vraiment aimé rester majoritairement français, mais les circonstances font qu’une startup comme la nôtre a besoin de réactivité. Ce n’est plus convenable d’attendre 2 mois pour une réponse de la BPI lorsqu’il faut 20 minutes pour une réponse de la part d’un organisme américain, qui plus est est l’accélérateur le plus influent au monde..

En effet, le YC est un excellent cap pour les investissements. Nous avions quelques dizaines d’investisseurs intéressés par Moneytis jusque là. Et rien que 2 jours après la nouvelle, et avant sa publication, nous avons déjà reçu une dizaine de propositions… Le fantasme de tout entrepreneur est de pouvoir choisir ses investisseurs, ce serait très bien que cela arrive. Cela augmente nos chances de succès aussi, parce qu’on passera moins de temps à essayer de séduire des investisseurs, et plus de temps à se concentrer à l’amélioration de nos services pour les personnes vivant à l’étranger.

Est ce que vous avez des conseils à donner pour ceux qui voudraient intégrer le YC à la prochaine session?

Soyez vous-mêmes. Assumez vos chiffres. Élevez le niveau. Faites preuve d’ambition. Gardez votre accent français.

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Cofondatrice de 1001startups j'essaye d'apporter ma pierre à l'édifice #startup. Un peu féministe, beaucoup hyperactive je suis perpétuellement dans l'attente de mon prochain grand voyage. En moto c'est encore mieux, ou en courant peut-être.

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