opencité

Chez 1001startups, si nous traitons principalement du monde des startups, nous sommes surtout passionnés par l’entrepreneuriat au sens large. Et parce qu’il est parfois nécessaire de sortir de notre bulle startup, nous avons été enchantés de couvrir l’événement Open Cité, qui se déroulait dans 4 villes du Languedoc Roussillon de jeudi à samedi dernier. La coïncidence veut que ce soit le jour du lancement de l’agence nationale pour de développement économique des territoires par le président de la république que nous abordions le sujet.

Loin des clichés, des buzzwords et de l’ego trip des startupers, OpenCité nous a ramené aux valeurs simples telles que l’humanité et l’humilité qui nous font parfois défaut. Quand on pense aux quartiers, on pense aux chômeurs de longue durée, aux problèmes d’intégrations et aux jeunes qui cassent les voitures. Nous avons plutôt croisé des jeunes qui voulaient les construire et les vendre. Si la presse contribue généralement à accentuer ces problèmes existants, mais pas prépondérants, elle relaye plus rarement des initiatives qui montrent la volonté, le courage et l’ambition de certains habitants de ces quartiers prioritaires pour changer leurs quotidiens et forcer les portes de l’ascenseur social.

Des bonbons pour les gitans, des plateformes de services, des restaurants solidaires, des cours particuliers illimités pour 10€/ mois… nous étions plongés pendant ces trois jours dans un méli-mélo d’idées, où le caractère innovant était bien loin des préoccupations. Parfois tellement dans les clichés communautaires, parfois si éloignés de ce qu’on pouvait attendre d’eux, les participants ont cassé toutes nos certitudes et nos pensées intellectualisées sur le processus de création d’entreprises. Déroutant.

Ici, pas de Growth Hacking, de disruption ou encore de licornes… la majorité des participants ne connaissaient pas Twitter et n’avait souvent aucun moyen de consulter leurs mails…. La fracture numérique dans son jus. Retour aux bases, à l’humain, quand certains des participants envoyés par des foyers pour femmes battues ou encore des centres d’insertion pour les illettrés côtoyaient des chefs d’entreprises avec une dizaine de salariés venus chercher des conseils pour se structurer…. Malgré l’hétéroclisme, tous les participants avaient un point commun. Créer… pour s’en sortir, pour s’intégrer, pour répondre à un besoin de leur communauté, pour vaincre les injustices et les barrières à l’insertion.

Pas de fausse modestie, tous les participants étaient pendus aux lèvres des coachs, à toutes les pensées et les encouragements bienveillants qu’ils pouvaient récolter. Boulimiques d’une petite reconnaissance que la société pouvait leur apporter… quand toutes les portes qu’ils essayent d’ouvrir se referment avant même d’avoir frappé. 95% des projets présents sont passé à travers les mailles du filet de l’accompagnement…

Les pitchs finaux étaient à la hauteur de ces entrepreneurs au grand coeur. Pas de concours d’éloquence, de buisness model scalable, ou d’exit. Mais si nous avons déjà vu et entendu des centaines de pitchs, pour la première fois, nous avons pris en pleine gueule le fameux « WHY » de Simon Sinek. Un why qui veut réellement changer le monde, un why qui ne possède pas grand-chose et qui pense partage, solidarité et utilité… pas un why marketing de fils à papa qui « veulent changer le monde » avec dans la tête des millions. Des gens reconnaissants, tarissant d’éloges et de remerciements à l’organisation, aux partenaires, aux coachs et même à la nation. Bien loin des critiques sur le buffet que nous pouvons aujourd’hui retrouver chez certains participants des startups weekend… Tellement loin de toutes les considérations politiques, les gagnants d’un prix préfèrent appeler leur associé absent plutôt que d’écouter le discours de la secrétaire d’État au numérique. Rafraîchissant.

En ce mardi, nous voilà de retour à la réalité. Quelque part entre la Silicon Valley et la cité. Nos rêves de startups, de millions, de licornes font partie de notre identité, notre ambition, notre mode de vie. Mais entre deux parties de baby, deux rooftops et deux pitchs, on espère garder longtemps dans nos pensées toutes ces personnes qui ont beaucoup à nous apprendre. Quand on sera au fond, quand on sera au top, on espère se souvenir de ces sourires et de cette volonté de lutter contre le destin, contre les conventions. Retenir cette leçon, celle de ne jamais prendre personne de haut même quand dans notre bulle des situations sont risibles. Les diplômes, les levées, la notoriété nous rendent individualistes et autocentrés. Osons le dire, parfois nous sommes cons et condescendants, et cela ne nous fait pas grandir en tant que personne. Open cité devrait se dupliquer dans toute la France. On espère que vous serez alors nombreux, à venir remettre en question votre vision de l’entrepreneuriat, loin des paillettes des startups qui brillent parfois un peu trop.


Interview d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique


Les lauréats d’OpenCité

1er prix : Giftin Studio, agence de communication au paiement libre.

2e prix : La petite Auberge, petite auberge pour grands voyageurs.

3e prix : Home Burger, livraison de burger de nuit.

1er coup de coeur : Truck Food Végé, restauration mobile 100% végétarienne.

2e coup de coeur : Les Bonbons Gitanos, confiseries à destination des gitans.

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