Quand les entrepreneurs et les startups s’immiscent dans la politique

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Les startups sont de prime abord bien éloignées des politiques. Alors que les premières mettent les mains dans le cambouis, les seconds sont en général bien éloignés du concept même de l’entreprise… la plupart n’ayant jamais travaillé dans le privé.

Pourtant, à s’y pencher de plus près, il semblerait que peu à peu ces deux mondes commencent à fricoter. Des entrepreneurs qui souhaitent faire entendre leurs revendications avec France Digitale, des startups qui essayent d’apporter des nouvelles réponses aux problèmes politiques, en passant par Macron qui marche beaucoup… auprès des entrepreneurs. Nous avons pensé que c’était le bon moment pour faire le tour des actions, des mouvements, des startups qui fleurent bon 2017.

Les startups ont-elles besoin des politiques ? À moins que ce soit l’inverse…

Depuis que le gouvernement a lancé LA FRENCH TECH pour décentraliser et mettre en avant les écosystèmes régionaux, nous n’avons jamais autant entendu parler de numérique, de startups et de licornes. Tous les politiques ont appris, avec application, la « définition d’une startup » si elle existe… Histoire de ne pas tomber dans le piège de l’incompétence. Depuis alors, pas un magazine, un politique, un people, ne se lance dans l’éloge des startups et de leurs modèles disruptifs. Il y a ceux qui diabolisent le numérique et ses effets, ceux qui ne tarissent pas d’éloges sur les futures pépites qui sauveront la France du chômage, et ceux qui se disent startup friendly, mais qui ne le sont pas dans les faits.

La période économiquement morose, couplée d’une angoisse grandissante de nos élites pour l’ubérisation de leur économie (et de leurs privilèges ?) et voilà que le mot « Startup » caracole en pole position des tendances 2015/ 2016.

shutterstock_320332592Le lien entre les politiques et les entrepreneurs n’est pas nouveau. Les entrepreneurs ont depuis toujours été des soutiens de poids pour les politiques. Ce qui a changé aujourd’hui, c’est que les (futurs) grands patrons du numérique ont des profils bien différents de ceux de l’économie traditionnelle. Mi-capitaliste, mi-utopiste, le startuper écoute du rap, fait du Kite surf et veut changer le monde. Partagé entre l’envie de lobbytomiser les politiques, et l’envie de faire imploser le système démocratique, l’entrepreneur du numérique est multiple. Assez loin des clichés du MEDEF… Il n’a pas peur d’aller demander des millions avec une casquette vissée sur la tête. Le pied de nez à l’ancienne économie passe aussi par la tenue !

Si pour la plupart des politiques, le numérique reste un vague secteur, ils ont pourtant plus que jamais besoin des startups pour montrer le visage d’une jeunesse qui entreprend, qui a des projets et un avenir radieux. La France de l’innovation, celle qui nous relèvera de la crise. Parce que oui, pour eux il s’agit d’une crise, d’une passe.

Alors, à coup d’enveloppes budgétaires, d’incubateurs plus grands que ceux d’autres capitales européennes et de petits coqs roses sur les vestes de costume, les politiques draguent les startups sans aucune pudeur. Mais cette cour n’est pas en sens unique, bien loin de là. Si on élargit à horizon 2017, la balance pourrait même se renverser…

En course pour 2017

Aujourd’hui, les entrepreneurs du numérique se regroupent et créent de véritables Think Tank, comme d’autres industries créent des lobbys. Mais si cela semble aujourd’hui se structurer en France, les GAFA* et NATU* n’ont pas attendu que les startups françaises s’y mettent, pour travailler les politiques de notre pays. Google travaille déjà depuis plusieurs années à « éduquer aux enjeux numériques » les élus locaux à travers une association plutôt discrète.

France Digitale a lancé ses concertations dans la France entière, avec pour objectif de faire émerger des propositions concrètes à soumettre aux candidats 2017. 
L’association souhaite ainsi mettre en lumière les grands enjeux de l’entrepreneuriat numérique français et les opportunités de croissance générées par le développement de l’économie numérique.  
« France Digitale n’est pas un parti politique, mais c’est une association constituée d’entrepreneurs et d’investisseurs qui constatent au quotidien que le numérique est une formidable opportunité pour la France. Nous ne présenterons donc pas de candidats, mais nous avons des idées ! Et nous voulons peser sur les programmes des candidats. », déclare Olivier Mathiot, co-président de France Digitale.shutterstock_214225030

Pour sûr, si 2017 semble se rapprocher, la route est encore longue pour compter avec les entrepreneurs du numérique…  À moins que l’on s’appelle Macron ? 
Parce que oui, Macron n’a pas que des groupies à selfie, il a aussi une grande « Fan Base » d’entrepreneur du numérique.

Venu du privé, jeune et décomplexé, il a avancé ses premiers pions avec la loi Macron : fin de certains monopoles, fin de saisie sur les résidences principales, déclaration dithyrambique sur l’entrepreneuriat… En créant sa propre case politique, « Socialiste et capitaliste », Macron a tout pour plaire aux entrepreneurs du numérique, car il leur permet de concilier à la fois leur côté égoïste et leur côté humaniste.

Les start-up qui veulent réinventer la politique (et la démocratie ?)

Le phénomène de disruption et de désintermédiation auquel s’attaquent les start-up n’échappe pas à la politique. Si l’on est capable de désintermédier les gens entre eux pour l’échange de bien et de service, peut-on se passer de politique ?

  • La blockchain au service de la politique

Les blockchains promettent de grands bouleversements en changeant en profondeur la plupart des opérations et transactions que nous réalisons : paiement, opérations bancaires, mais aussi actes et vote… La startup française BELEM, qui officie dans la technologie de la Blockchain, a développé pour le parti « Nous citoyens » une solution de vote blockchain. La start-up américaine Follow my vote souhaite augmenter la précision des systèmes de vote au niveau mondial. En utilisant la technologie Blockchain pour empêcher la fraude électorale, elle s’appuie sur une plate-forme de vote en open source, permettant aux électeurs de contrôler eux même le scrutin.

  • Les primaires démocratiques Online

L’association Democratech a lancé fin 2015 le site participatif Laprimaire.org. Leur objectif ? Organiser une primaire démocratique, rassemblant plus de 100 000 citoyens, en leur promettant de pouvoir enfin choisir leur candidat pour 2017.  Ainsi, sur la primaire.org, tous les citoyens français peuvent soumettre leur candidature à condition d’obtenir 500 parrainages de citoyens (au lieu des 500 signatures d’élus…).

  • Le tinder des opinions politiques

GOV est une application française qui souhaite donner la parole aux citoyens, en récoltant leur opinion… En votant avec un + ou un – , les utilisateurs partagent leur opinion sur des personnalités politiques, un sujet d’actualité, ou tout autre thème qui le fait réagir et sur lequel il souhaite débattre. Depuis son lancement fin 2015, c’est tout de même près de 4 millions de GOV qui ont été exprimés.

BRIGADE est en quelque sorte sa version US, avec une dimension très réseau social. Trois possibilités, d’accord, en désaccord et incertain. Simplement, l’application permet aux partis et candidats de récolter des avis sur les thèmes abordés. Les utilisateurs peuvent également créer leur propre « sondage » sur une question et inviter ses amis à participer au débat.Democratech

  • Les comparateurs de programme politique

Cela vous arrive souvent, à la veille d’une élection, de ne pas savoir pour qui voter et de chercher à la dernière minute les programmes ? Voxe est un comparateur de programme, qui permet à tous les citoyens un comparatif neutre entre plusieurs candidats, et qui évite donc de voter « à la gueule » plutôt qu’aux idées. Par ailleurs, VOXE permet également de récolter les avis des citoyens sur divers sujets politiques.

  • Les outils de digitalisation des campagnes politiques.  

Quel est le point commun entre Trump et Juppé ? Non… pas leur coiffure voyons ! Nation Builder est l’outil utilisé par les deux directeurs numériques des candidats, afin de mesurer, recruter et engager les citoyens auprès du candidat. Contact, email, SMS, réseaux sociaux, Nation Builder et Blue state digital sont des outils qui permettent aux candidats de mener des campagnes online en adaptant les messages délivrés en fonction de chaque profil. C’est un peu l’Intercom du politique en somme.

  • L’accès centralisé aux informations et aux débats

DemocracyOS est une plateforme Argentine Open source qui souhaite rendre l’information gouvernementale accessible à tous à travers le monde. En hébergeant les dossiers des gouvernements, l’ONG souhaite donner accès à une place unique pour s’informer, apprendre et échanger sur des sujets politiques.  Convaincu de son utilité citoyenne, DemocracyOS a notamment été accompagné par le Y Combinator.

Écrit par

Cofondatrice de 1001startups j'essaye d'apporter ma pierre à l'édifice #startup. Un peu féministe, beaucoup hyperactive je suis perpétuellement dans l'attente de mon prochain grand voyage. En moto c'est encore mieux, ou en courant peut-être.

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